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Chronique4Impact

Vers une fonction Achats plus responsable

Par MARION KULCZYCKI, le
"https://fr.freepik.com/photos/affaires">Affaires photo créée par pressfoto

Par sa démarche collaborative, la fonction Achats intègre fondamentalement un dialogue entre parties prenantes et a vocation à être un levier majeur de la transition environnementale et sociale.

Cette année (alors qu’elle ne l’avait pas été depuis 2008[1]), la réduction des coûts est à nouveau citée par les départements achats comme un enjeu prioritaire et avec elle s’accompagne son lot de dérives potentielles.

D’autant plus en période de crise, les achats responsables visent à traiter la « forme » à travers la signature de chartes déontologiques comme par exemple, la Charte fournisseurs responsables, qui met en avant la relation fournisseurs et la « loyauté des pratiques ». Des engagements de respect des délais de paiement y sont aussi inclus afin de ne pas impacter la trésorerie des fournisseurs PME. Cela permet ainsi de favoriser la pérennité à long terme et garantir un certain niveau d’équité.

 

Les achats responsables : une histoire de fond

Progressivement, encouragées par le Système de Dépenses Déductibles de la Contribution Financière Agefiph, des familles d’achats « non stratégiques » ont été confiées au secteur adapté[2]. Parallèlement, un soutien aux PME, qui limite les risques d’approvisionnement sur des filières innovantes, a permis à certains grands groupes d’en faire le bras opérationnel du volet économique de la RSE. Et ce, tout en déculpabilisant les acheteurs de pratiques d’approvisionnement moins vertueuses.

Au même titre, la mise en place d’évaluations extra-financières (remplissage de questionnaires internes - type Ecovadis par exemple), a permis d’initier le dialogue dans une logique de « petits pas » pour transformer au fil du temps la nature des approvisionnements. Mais cela reste encore insuffisant pour assurer la traçabilité et les exigences de la Loi sur le Devoir de vigilance du 27/03/2017.

En parallèle des enjeux primordiaux que sont le dérèglement climatique, la perte de biodiversité, la raréfaction des ressources, l’augmentation des déchets ou bien le creusement des écarts de conditions de travail et de redistribution des richesses ; il devient urgent de sortir des logiques d’évaluation et surtout de recherche du prix le plus bas qui ont des conséquences environnementales et sociales désastreuses. Il est donc nécessaire de basculer dans une recherche du prix juste !

Ainsi, les départements achats doivent se réinventer comme un acteur majeur de la mise en œuvre de la RSE et de l’économie régénérative quelle que soit leur taille ou celle de leurs partenaires !

 

Les achats responsables : une démarche loin d’être réservée aux grands groupes

Les PME ont aussi leur rôle à jouer pour favoriser une dynamique collaborative et ainsi participer à la transition écologique et solidaire.

Il est intéressant de constater que 57% des PME interrogées par l’OBSAR (Observatoire des Achats Responsables) dans son baromètre 2021[3], considèrent le sujet de la RSE comme une priorité stratégique et mettent en avant leur volonté : 

  • d’alignement de leur stratégie achat avec la politique RSE de leur entreprise
  • de protéger l’environnement
  • de maîtriser les coûts durablement

En somme, sourcer responsable c’est aussi anticiper les réglementations, motiver ses équipes, gérer le risque réputationnel et générer une image positive de la marque (principale alliée de la rentabilité de l’entreprise[4]).
 

Auteure : Marion Kulczycki, Freelance People4Impact et Experte des achats responsables et B Leader.

 

[1] 77% des directeurs achats interrogés dans l’étude 2021 CNA / Agilebuyer "Tendances et priorités des départements achats"

[2] En référence aux entreprises adaptées et les ESAT employant des personnes en situation de handicap

[3] https://www.obsar.asso.fr/actualites/les-resultats-du-barometre-2021

[4] Selon l’étude World Economic Forum, Beyond Supply Chains de 2015 la mise en place d’une démarche de RSE augmenterait la valeur de marque de 10 à 30 %.