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Chronique4Impact

Mobiliser l’intelligence collective dans son entreprise pour transformer son impact : un passage obligé ?

Par Solenn Assathiany, le
@myleon, unsplash

Le milieu de l’entreprise, face à l’urgence climatique, s’inspire de la Convention citoyenne pour le climat. La Convention 21 a été mise en place pour rassembler 150 dirigeant.e.s d’entreprises de juin à décembre 2021, pour qu’ils.elles élaborent des propositions pour décarbonner l’économie. 

Il semblerait que pour faire face à la crise environnementale et sociale, les approches participatives soient la clé pour aborder la complexité de ces enjeux. L’intelligence collective doit être activée au sein des organisations pour penser de véritables transformations systémiques de leurs impacts.

Qu’est-ce que l’intelligence collective ?

 C’est un « super cerveau » dont dispose un groupe.

Pour activer ce « super cerveau » et le faire fonctionner, il existe différents leviers :

  • Définir un processus pour cheminer vers un objectif commun
  • Mettre les participants dans un cadre de confiance
  • Adopter une posture basse d’écoute, d’ouverture et de contribution au service des objectifs du groupe et non au service d’enjeux de place ou de pouvoir individuels

 Et pour les dubitatifs.tives, je vous renvoie à des travaux en sciences cognitives qui prouvent cela[1].

 Trop peu de dirigeant.e.s d’entreprise ont conscience de la valeur de ce capital humain et de ce qu’il peut apporter à leurs organisations, à condition de lui donner l’espace d’émerger.

C’est une véritable « arme de construction massive » qu'ils.elles peuvent avoir entre les mains pour devenir une entreprise qui se prépare à son futur. Grâce au travail collectif, il est possible de définir le futur que l’on souhaite pour son organisation puis, ensemble, entamer la démarche de transformation pour devenir une entreprise durable.

La performance sociale, environnementale et économique de l'entreprise sera collective ou ne sera pas.

La crise de la COVID et ses conséquences nous ont permis de comprendre nos interdépendances. Il est temps de travailler à traiter nos enjeux majeurs de façon participative et co-construite. Le chantier est de taille !

Nous avons besoin de passer d’un système extractif, exclusif et court-termiste à un système régénératif, inclusif et qui prend en compte le long-terme. De plus en plus d’entreprises prouvent qu’il est possible de suivre cette trajectoire tout en étant rentables.

On peut citer des entreprises certifiées B Corp par exemple et rappeler, que de récentes études ont montré que les entreprises ayant une politique RSE poussée ont mieux résisté face à la crise[2].

 Changer de système implique de penser de façon systémique et donc de sortir de nos silos habituels. Pour entrer dans une démarche d’impact durable systémique, l’entreprise doit s’appuyer sur l’intelligence collective de ses parties prenantes au sens large. Cela prend du temps, mais c’est essentiel pour aborder le futur sous un prisme d’innovation et non avec anxiété.

Une démarche d’impact durable participative et continue

Au travers des parcours de transformation participatifs proposés, je constate que pour parvenir à accompagner l’entreprise dans une transformation en profondeur de ses impacts, plusieurs étapes sont nécessaires.

D’abord il est fondamental d’aligner les parties prenantes, autour de visions qui fédèrent et de raisons d'être qui soient l'expression de la juste cause que les organisations (donc les individus qui les composent) ont envie de servir.

Pour faire advenir nos futurs souhaitables, il faut d’abord les imaginer.

Ensuite il faut prendre conscience, collectivement, des impacts de l’organisation et définir les solutions qui pourront transformer ces impacts pour atteindre la vision souhaitée.

Il est intéressant à ce stade de passer par une phase de diagnostic qui devient un outil de sensibilisation pour les personnes impliquées. En tant que consultante, je m’appuie sur deux référentiels éprouvés et reconnus qui permettent de diagnostiquer ces impacts de manière holistique et collaborative : le FSSD (Framework for Strategic Sustainable Development) et B corp.

Cette phase de diagnostic est suivie d’un temps de créativité avec les équipes pour faire émerger les pistes d’actions concrètes à mettre en œuvre. Et c’est là que la diversité des points de vue, des expériences, des profils et compétences de chacun va permettre de faire preuve de créativité pour penser des solutions innovantes et adaptées à l’entreprise.

A titre d’exemple, lors d’un atelier de ce type avec les équipes d’une entreprise , 20 collaborateurs.trices ont créé une centaine de pistes d’action concrètes qui pouvaient être mises en place sur le site pour améliorer l’impact environnemental.

 Enfin, il est important de sélectionner, prioriser, planifier toutes les actions à mettre en place pour transformer les pratiques opérationnelles et le modèle d’affaires de l’entreprise. Car oui, pour devenir contributive, certaines entreprises n’auront pas d’autres choix que de faire évoluer leur modèle d’affaires et leur mission.

Le développement soutenable de l’entreprise peut - et doit- devenir un levier stratégique d’innovation tout autant qu’un élément fédérateur avec ses client.e.s, ses collaborateurs.trices, ses fournisseur.e.s, ses investisseur.e.s !


Auteure : Solenn Assathiany, Consultante transformation vers l'impact durable

 

[1] Supercollectif. La nouvelle puissance de nos intelligences. Emile Servan Schreiber, Fayard, 2018.

[2] Article Novethic