Chronique4Impact

Comment se reconnecter au vivant ? (1/2)

Par Lénaïk Fily, Karine Weber et Mia Tahan, le

Photo Canva x Karine W., Mia T. et Lénaïk F.

“On ne peut pas créer un monde différent, sans d’abord l’imaginer” - Cyril Dion

La protection de l’environnement est la première préoccupation des Français : pollution de l’air, des sols et de l’eau, sécheresse, crise de la biodiversité, réchauffement climatique, nous sommes tous concernés par ces crises multiples et interconnectées.

Pourtant, une grande partie de la population est déconnectée des écosystèmes qui nous soutiennent : nous dépendons tous de la biosphère pour nous vêtir, nous loger, nous nourrir, nous déplacer, respirer, nous ressourcer…Pour transformer durablement nos modes de vies, nous devons changer notre regard sur la nature qui nous entoure, et interroger notre place au sein du monde vivant.

 

Se reconnecter au vivant

Notre espèce, qui représente seulement 0,01% de la biomasse terrestre, a réussi en quelques siècles à avoir un impact négatif sur tous les milieux. Nous considérons notre planète comme une addition de ressources infinies à notre disposition exclusive mais cette perspective sur le monde est en train de changer.

En 2023, le jour du dépassement en France était le 02 Août, cela signifie que nous avons déjà utilisé l'ensemble des ressources que la Terre peut reconstituer en une année. Pour retrouver un équilibre, nous devons composer avec la réalité des ressources disponibles, et cela implique à la fois des changements dans notre consommation et notre manière de penser.

En tant qu’humains, nous faisons partie d’un tissu d'interactions complexes avec les autres vivants et les écosystèmes qui nous entourent. Nos corps abritent presque autant de micro-organismes sur notre peau, dans nos intestins, que de cellules humaines. Sans eux, nous ne pourrions nous défendre contre les maladies, respirer ou digérer nos aliments. Nous sommes à chaque instant en relation avec d’autres formes de vie, sans même nous en rendre compte.

Pour renouer avec ce monde oublié et atténuer leur impact négatif, de nombreux citoyens adoptent de nouveaux comportements, dans leur vie personnelle et professionnelle.

Ils sont aussi de plus en plus nombreux à réclamer des engagements forts à leurs entreprises pour contribuer à la lutte écologique et sociale, à adopter des modes de vie plus responsables (locavores, alimentation végétale, déplacement à vélo et transports en commun…). Cependant, agir à l’échelle individuelle avec des “petits gestes” n’est pas suffisant[1], trouver des réponses efficaces et équitables demandent d’imaginer le futur collectivement.

 

(Re)trouver notre juste place au sein du vivant

Résilience, interdépendance, adaptation, complexité... les écosystèmes qui nous entourent livrent des pistes de solutions pour retrouver un équilibre avec la biosphère. Des exemples existent déjà : les cités éponges qui recréent des zones humides et permettent de lutter contre les inondations dévastatrices et les îlots de chaleur. Pour changer de paradigme, et passer de la croissance illimitée à la sobriété, il est primordial de changer nos modes de penser et de faire.

Remettre en question les normes sociales, nos systèmes de valeurs et les habitudes de consommation, remettre au cœur les besoins essentiels. Nous devons utiliser de nouvelles méthodes pour faire face à des problèmes nouveaux, produire moins et autrement, se projeter sur d’autres échelles de temps, avoir de la considération pour les écosystèmes qui nous soutiennent.

Il faut également rendre la redirection écologique désirable pour passer à l’action.

La prospective, les méthodes du design et la bio-inspiration sont des outils qui permettent de concevoir durablement, en prenant en considération toutes les parties prenantes.

Au-delà de nous aider à trouver notre juste place au sein du vivant, ces nouvelles approches de l’innovation peuvent aussi nous permettre de repenser nos organisations…
 

 

[1] Le rapport de Carbone 4 montre que si un Français réalise tous les gestes écologiques du quotidien il pourrait diminuer ses émissions carbone de 25 %, ce qui est significatif bien qu'encore insuffisant face à la diminution espérée de 80 %.

 

Auteures : Karine W., Mia T., Lénaïk F., Expertes People4Impact et membres du Collectif Commune Nature

Karine Weber, Consultante éco-conception et bio-inspiration, spécialisée en logistique et retail, intervient auprès d'entreprises et de collectivités sur des problématiques stratégiques, d'organisation, en logistique pour proposer des solutions durables. 

Mia Tahan, Consultante en soutenabilité, formée également au biomimétisme, intervient auprès des organisations pour mettre en place des projets inspirés du vivant et sensibiliser aux enjeux de biodiversité et de climat. 

Lénaïk Fily, Directrice Artistique et Consultante en innovation écologique et sociale, accompagne les organisations grâce des solutions mêlant outils du design et biomimétisme. 

 

Retrouvez le deuxième volet de la chronique ici.